ALLO LIONEL DUROY ?

Cette semaine, j’ai appelé Lionel Duroy, l’auteur de “L’homme qui tremble” aux éditions Mialet-Barrault. Je lui ai demandé de me donner la première histoire qui lui venait à l’esprit, la voici :

“J’ai toujours eu le désir d’avoir un livre qui m’accompagne dans l’écriture. En écrivant “Colères” je lisais Rilke, quand j’écrivais “Le Chagrin” je lisais Richard Ford, quand j’écrivais “Échapper” je lisais Siegried Lenz.

Avant d’écrire “L’homme qui tremble”, j’ouvrais livre après livre en me demandant qui j’avais envie d’avoir comme compagnon. Vers deux heures du matin, je suis tombé sur le livre de Nathalie Léger, un tout petit livre édité chez POL qui s’appelle “supplément à la vie de Barbara Loden”. Ça a été un moment très fort. De Barbara Loden je ne savais pas grand chose, je savais qu’elle était l’auteur de Wanda, son unique film, qu’elle était morte très jeune.

Dans les premières pages du livre de Nathalie Léger, je suis tombé sur cette phrase “J’ai traversé la vie comme une autiste, persuadée que je ne valais rien, incapable de savoir qui j’étais, allant de-ci de-là, sans dignité”, et ça a été le déclencheur. J’ai pensé que moi aussi j’avais traversé la vie comme un autiste, allant de-ci de-là, persuadé que je ne valais rien. Je pense que Barbara Loden a eu une enfance de merde, et que dans ces cas là, on a une image complètement dégradée de soi. J’ai lu tout le livre en une heure, et puis le lendemain matin je me suis mis à écrire.

J’étais chez une amie. Quand elle m’a vue le lendemain avec ce livre, elle a vu combien il comptait pour moi et elle me l’a donné, et je suis parti avec. Il est encore avec moi, tant que je suis encore occupé par ce livre je suis occupé par le livre de Nathalie Léger. Il m’a accompagné pendant toute l’écriture, je l’ai tout le temps avec moi, à Paris, en voyage. Avec ce livre, je suis en harmonie de pensée dans ce moment de ma vie, préoccupé des mêmes choses, occupés de mêmes angoisses ou de la même intranquillité.

 ALLO ARTHUR DREYFUS ?

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de parler au téléphone à Arthur Dreyfus, l’auteur de l’incroyable “Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui” publié aux éditions P.O.L.

Je lui ai demandé de me donner une anecdote, il m’a raconté le moment où il a terminé son livre de 2300 pages, qu’il a mis 6 ou 7 ans à écrire et dont la première relecture a duré un an:

“ Je me suis confiné pendant un an, de 6h40 du matin jusqu’à 21 heures le soir, je relisais de A à Z sans voir personne. C’était une épreuve totale.

J’ai terminé cette première et grande relecture un jour à 3h30 du matin. Je m’étais fait le pari de sortir dans la rue, quels que soit l’heure, le temps, la météo, et d’aller voir la première personne que je croiserais pour lui dire : “cela fait six ans que j’ai consacré ma vie à écrire un livre, et il y a dix minutes, je viens de mettre le point final, et je voulais vous le dire”.

Cette nuit-là je sors rue des Cascades. C’était autour du 10 janvier, il faisait assez froid, j’ai mis le concerto n°23 de Mozart, le mouvement lent. J’étais porté par une sorte d’énergie, j’avais envie de croire que j’étais dans un film de ma vie, et je me voyais marcher dans cette rue totalement vide, hagard, encore tremblant du dernier effort que j’avais accompli (les 4 derniers jours j’avais quasiment écrit 22 heures par jour).

Et voilà, ce qui était peut-être prévisible, la rue était totalement vide et je n’ai croisé personne, sauf un groupe de mecs qui trafiquait un truc dans un coin, sous un porche. Ce n’était pas les bons candidats. J’ai acheté un paquet de Pépito et un jus de goyave dans une épicerie de nuit, je suis rentré chez moi, et je me suis dit que la personne que je cherchais cette nuit-là ce serait en fait le premier lecteur.”

jolie histoire, non ?

Et pour lire ma chronique de son livre, rendez-vous sur mon dernier post !

ALLO LAUREN BASTIDE ?

Cette semaine, j’ai eu la chance de parler au téléphone à Lauren Bastide , créatrice du merveilleux podcast La Poudre.

Elle m’a raconté la première interview qu’elle a enregistrée. C’était au printemps 2016, avec la réalisatrice Rebecca Zlotowski. Elle n’avait jamais fait de podcast auparavant et était si tétanisée qu’elle a fait une extinction de voix la veille. Après l’interview, elle a passé un temps monstre à dérusher, l’enregistrement étant trop long. « Il y a des passages entiers de l’interview de Rebecca Zlotowski qui n’ont jamais été entendus nulle part ! », me dit-elle en riant. « C’était mon baptême du feu, mais j’ai relu l’interview récemment et elle est vraiment super ».

Au fur et à mesure des années, le podcast a évolué. Les questions récurrentes qu’elle posait, telles que « est-ce que vous êtes née femme ou est-ce que vous l’êtes devenue » et qui étaient pensées pour être posées à des femmes, n’ont pas la même résonance pour des personnes trans par exemple.

« Au tout début de mon combat, je n’étais pas forcément sensibilisée à la question des transidentités, j’avais une vision du féminisme plus essentialiste, axée sur une vision biologique du corps des femmes. Mais cela m’a permis de rentrer dans le vif du sujet et d’obtenir des réponses très intéressantes. J’ai continué à les poser avec acharnement, à Inès Rau, une femme trans ou à Paul B. Preciado, un homme trans et leurs réponses étaient passionnantes. Mais ce sont des questions aujourd’hui que je trouve moins brûlantes »

“Ce podcast m’a fait énormément grandir, me dit-elle. Quand Sonia Rolland me parle du Rwanda, ou Melissa Laveaux d’Haïti, cela m’a donné une vision du monde complètement nouvelle. J’ai aussi vu l’audience de la Poudre grandir aussi et devenir de plus en plus pointue sur les questions féministes. C’est pour cela que pour la prochaine saison de La Poudre je vais interviewer des chercheur.ses et mettre en avant la recherche en étude de genres, car nous sommes à un moment où nous avons besoin d’armes théoriques pour lutter”.

Passionnant, non ? Pour lire ma chronique de son genial recueil d’entretiens, RDV sur mon dernier post !

ALLO LEÏLA SLIMANI ?

14h30, 14H45…plus le moment approchais, moins je tenais en place. Ce lundi, j’avais un rendez-vous par téléphone avec Leïla Slimani, Prix Goncourt pour “Chanson douce” et auteur du très beau “Le parfum des fleurs la nuit” tout juste paru aux éditions Stock.

J’appelle, et demande à Leïla Slimani de me raconter une anecdote. Une anecdote ? Elle réfléchit un instant, puis me retrace l’histoire de cinq dessins qui se trouvent dans son bureau, cinq dessins signés de la main de Milan Kundera.

“Lorsque j’ai publié mon premier roman, j’ai envoyé mon roman à Milan Kundera mais sans aucun espoir de retour. Un jour je suis rentrée chez moi en plein été, et j’ai demandé à mon mari si on avait du courrier, et il m’a dit oui, on a une lettre de Darty et une lettre de Milan Kundera. J’ai ouvert la lettre, et dedans il y avait cinq dessins de Milan Kundera et un petit mot pour moi où il me remerciait pour mon roman. Et ce jour-là j’ai eu l’impression d’avoir réalisé le plus grand rêve de toute ma vie”

“Milan Kundera est un auteur fondateur pour moi” me dit-elle. “C’est mon alter ego littéraire, j’ai une admiration sans bornes pour lui, j’ai été amoureuse de lui entre l’âge de 16 et 26 ans et puis après j’ai compris que c’était un amour impossible alors j’ai renoncé. C’est un auteur très important pour moi.”

Je lui demande si Milan Kundera l’a inspiré dans son écriture : “L’insoutenable légèreté de l’être, est un livre qui m’a bouleversé et qui est le livre tutélaire de “Dans le jardin de l’ogre”. C’est pratiquement le seul livre que le personnage de ce roman a dans les mains, et elle a des sortes de flash érotiques quand elle le lit. Toutes les questions que pose Kundera sur la séparation fondamentale entre l’âme et le corps, et qui fait que le rapport à la sexualité peut-être si mélancolique et si douloureux, est fondateur dans toute mon écriture. Mes personnages féminins traversent ces sensations-là.”

J’ai adoré cette anecdote, belle comme un trou de souris menant au bureau de Leïla Slimani.

ALLO GUY BOLEY ?

Vendredi dernier, j’ai eu le plaisir de parler à l’auteur de “Funambule Majuscule”. Il était dix-huit heures, l’heure de l’apéritif, et malgré l’absence de verres de part et d’autre de la ligne téléphonique j’ai eu l’impression d’être attablée à un comptoir avec Guy Boley. Il riait, passait d’une histoire à une autre, si bien que j’ai eu du mal à décider laquelle de ses anecdotes j’allais vous rapporter. J’ai jeté mon dévolu sur la plus poétique, la voici :

Quand il était jeune, Guy Boley travaillait avec son père qui était propriétaire d’une forge (élément qu’il reprendra dans son roman “Fils du Feu”). C’était le début des maisons individuelles à l’époque des trente glorieuses, et il fabriquait avec son père des portiques de balançoire pour les pavillons.

Peu après, Guy Boley a commencé à lire de la poésie, et il a découvert Baudelaire, dont le poème “La vie antérieure” commence par ces vers : “J’ai longtemps habité sous de vastes portiques”. Mais il ne comprenait pas ce que Baudelaire faisait sous un portique de balançoire. Il est allé trouver un homme de son quartier qui faisait des vers de mirliton, mais celui-ci n’a pas réussi à lui expliquer la référence.

Cette histoire de portique l’a beaucoup travaillé. “Depuis j’ai un blocage, à chaque fois que j’entends ces vers, je vois un portique de balançoire. Même si j’ai évolué, je n’en démords pas, ça reste gravé comme une des brûlures de l’enfance”, me dit-il.

J’ai été ravie d’entendre cette histoire, qui mélange Baudelaire, balançoires et souvenirs d’enfance mieux qu’un bon cocktail.

Pour lire la chronique de “Funambule Majuscule”, sa lettre à Pierre Michon publiée aux éditions Grasset , rendez-vous sur mon dernier post !

 ALLO AGATHE SAINT-MAUR ?

Vendredi dernier, à 11h, j’ai eu le plaisir d’appeler par téléphone l’auteure de “De sel et de fumée” tout juste paru aux éditions Gallimard. Je lui ai demandé une anecdote, et elle a eu la gentillesse de me raconter l’histoire de sa découverte d’Hervé Guibert :

Il a trois ans, alors que Agathe Saint-Maur est déjà engagée dans l’écriture de son roman, elle lit un livre qui évoque rapidement l’écrivain. La mention se résume à quelques lignes, elle sait seulement qu’il a écrit “Fou de Vincent”, une histoire d’amour entre deux hommes dont l’un meurt au début du livre. Cela l’intrigue, car c’est exactement le sujet de son livre.

À Bordeaux où elle habite, “Fou de Vincent” est introuvable. Elle se rend à Paris un week-end et se met en quête du livre. Accompagnée d’une amie, elle va de librairies en librairies mais manque de chance, il est rupture. Elles ne se démontent pas, et arpentent un Paris glacial grâce à de longues chaussettes qu’elles viennent d’acheter et qui leur montent jusqu’à la cuisse. Arrivées à la Librairie Comme un roman, elles trouvent enfin l’exemplaire convoité.

Elles ont « Fou de vincent » en main, elles ont deux heures devant elles, alors elles décident de s’en faire la lecture sans attendre. Elles se posent dans un square plein d’enfants, sans savoir que le livre déborde de passages crus. Agathe Saint-Maur me raconte en riant qu’elles ont commencé à lire le livre d’abord à voix haute, puis baissant la voix dès qu’il y avait des éléments sexuels, elles ont finalement passé leur temps à chuchoter et à être embarrassées à intervalles réguliers.

Avant de raccrocher, je lui demande si “Fou de Vincent” l’a inspiré dans l’écriture. Au début, elle trouvait son roman trop anarchique. Grâce à la forme fragmentaire de celui de Hervé Guibert, elle s’est sentie autorisée à écrire sans ordre linéaire ce qui deviendra “De Sel et de fumée”. Pour lire ma chronique de son excellent roman, rendez-vous sur mon précédent post !

J’ai adoré cette anecdote, car ma découverte de “Fou de Vincent” a été aussi un événement mémorable.

ALLO ETIENNE KERN ?

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de parler à Étienne Kern, auteur de “Le tu et le vous” publié chez Flammarion. Il m’a raconté une magnifique gaffe d’Alfred de Musset, que je suis ravie de rapporter ici :

Musset a 26 ans lorsque le roi Louis-Philippe est victime d’une tentative d’assassinat. Il lui dédie alors un poème intitulé “Au roi, après l’attentat de Meunier”, où il tutoie le roi en lui demandant d’être prudent :

“Mais sois prudent, Philippe, et songe à la patrie.
Ta pensée est son bien, ton corps son bouclier.
Sur toi, comme sur elle, il est temps de veiller.”

Musset ne connaît pas personnellement Louis-Philippe, mais il connaît son fils aîné, le prince Ferdinand qui a été son camarade de classe au lycée, et à qui il fait passer le poème. Quelques jours plus tard, le 1er janvier 1837, le jeune poète est invité à une cérémonie publique au Palais des Tuileries à l’occasion de la nouvelle année.

Et là se passe une scène délicieuse racontée par le frère de Musset, Paul, dans la biographie qu’il lui a consacré après sa mort. Le prince se dirige vers lui, le prend dans ses bras et lui dit qu’il a bien reçu le poème. Il lui demande de l’attendre cinq minutes, le temps qu’il le montre à son père. Lorsqu’il revient, son visage est décomposé. Il lui répond, embarrassé. “Le roi n’est pas visible”. Musset comprend que le poème a déplu, et il supplie son ami de lui dire pourquoi. Louis-Philippe n’a pas apprécié le tutoiement.

Etienne Kern me dit que si Musset a fait là une jolie gaffe, le roi de son côté commet un contre-sens. Le tutoiement de Musset n’est pas familier, il est au contraire très respectueux. C’est un emploi réthorique, que l’on retrouve par exemple dans l’adresse de Malraux à Jean Moulin. Directement hérité du latin, le « tu » es utilisé en français dans un cadre solennel. Ainsi, Corneille tutoie Louis XIV dans une épitre, comme s’il s’adressait à un empereur romain.

ALLO CAMILLE DE TOLEDO ?

Les coups de fil reprennent ! Dernièrement, j’ai eu la chance de parler à l’auteur de “Thésée, sa vie nouvelle” , qui a accepté de me raconter une anecdote.

Ces derniers temps, il a beaucoup pensé à une histoire rapportée par Romain Gary. Dans “La promesse de l’Aube”, l’écrivain affirme que sa mère avait écrit près de 250 lettres quelques jours avant sa mort, lettres qui lui parvinrent régulièrement durant les trois ans qui suivirent grâce à la complicité d’une amie suisse, et qui fit qu’il n’apprit son décès qu’après la guerre, une fois revenu en France. Cette histoire émouvante d’une mère qui protège son fils de la réalité de sa mort, nous savons aujourd’hui qu’elle est fausse.

Camille de Toledo s’est longtemps interrogé sur les raisons de cette invention. Pour lui, cette histoire reflète la vérité de la littérature : cela a beau n’être pas vrai factuellement, il y a néanmoins une vérité de cœur qui a fait écrire cela à Romain Gary. C’est une pulsion de sa propre psyché qui l’a conduit à penser que sa mère vivait encore et que c’est l’idée de cette mère vivante qui lui a permis de traverser la guerre et de survivre. “Et je pense d’ailleurs qu’il a vécu longtemps dans l’espoir qu’avait sa mère pour lui. Nous vivons à l’intérieur des promesses que nous faisons, à des gens qui ne sont plus là. “Thésée, sa vie nouvelle” a beaucoup à voir avec ça. Une écriture des promesses tenues ou non tenues”.

Camille de Toledo a lui-même opéré un certain nombre de déplacements dans son livre. Si son héros porte le nom de Toledo, c’est moins son histoire qu’il raconte, celle de sa famille, que l’histoire de la diaspora en général, l’expulsion des juifs d’Espagne, du refus de renier sa foi. À partir de sources documentaires exactes, il a entamé un travail de transformation, comme un sculpteur devant une matière brute. Et cela n’entame en rien la vérité littéraire. “Ce qui fait une vérité littéraire, c’est une vérité psychique, une vérité de quête qui, par la fiction, s’écrit à même la vie.”

Allo Alexandre Lacroix ?

J’ai eu la chance d’avoir Alexandre Lacroix, l’auteur de “La naissance d’un père” aux éditions Allary cet après-midi au téléphone. Je lui ai demandé de me raconter une anecdote, et il a choisi de me raconter l’histoire de l’email que l’on trouve dans son roman, et qui donne des conseils pratiques aux nouveaux parents pour l’arrivée d’un bébé. Cet email, me dit-il, a vraiment existé.

Élise, la directrice de l’école Les Mots dont il est le cofondateur, attendait son premier enfant. Elle lisait beaucoup de livres de puériculture, et était perdue dans les conseils pédagogiques qu’elle y trouvait. Alexandre Lacroix décide de lui écrire un email où il détaille différents conseils pratiques sur l’allaitement, le sommeil, les couches à acheter etc. Cet email, me dit-il, a énormément tourné. Dès qu’une élève de l’école ou l’une de ses amies tombaient enceinte, Élise leur envoyait.

Alexandre Lacroix décide alors d’intégrer cet email au roman, sans le retoucher d’une phrase. Cela le perturbe, car il travaille énormément son style, alors que cet email, lui, est brut.

Il envoie son roman à l’éditeur, et appréhende sa réaction. Il a peur de l’entendre lui répondre : “Mais c’est quoi cet email sur les couches ?”. L’éditeur aime le livre et c’est alors que Alexandre Lacroix lui demande inquiet s’il a été dérangé par l’email. L’éditeur lui répond: “non, bien au contraire, tout le monde cherche ce genre de conseils. C’est là qu’on s’aperçoit que tu as aussi prêté attention aux détails concrets, ce qui n’est pas le cas de tous les pères”.

Pour Alexandre Lacroix, cet email lie d’une façon souterraine la naissance de ses enfants, à une autre naissance, celle de l’école Les Mots, dont l’inauguration a eu lieu, par une étrange coïncidence, le jour même de la venue au monde de son 5e enfant, le 30 janvier 2017. Une coïncidence un peu folle, qu’il raconte dans son roman.

J’ai beaucoup aimé cette anecdote, car elle raconte les histoires vécues derrière celles qui sont écrites. 

 ALLO, LAURENT PETITMANGIN ?

Cette semaine, j’ai appelé l’auteur de “Ce qu’il faut de nuit”, ce très beau premier roman publié à la Manufacture de livres.

Je lui ai demandé de me raconter une anecdote, et voici ce qu’il m’a raconté.

Il y a dix ans, il a écrit un premier texte, et c’était les plus belles pages qu’il avait jamais écrites. Cela commençait par une scène très forte d’accouchement. Malheureusement, ce texte a disparu dans le crash de son ordinateur de l’époque. Il a tenté de le réécrire juste après, mais c’était impossible, il n’a pas réussi à retrouver l’élan qu’il avait eu à ce moment là. “C’était à se demander si ces pages n’avaient jamais existé”, me dit-il.

Cet épisode a été pour lui un instant fondateur. C’est ce qui lui a donné envie de continuer à se dépasser, à tester différents textes, certains qui s’arrêtaient à quelques scènes, d’autres plus aboutis, jusqu’à ce “Ce qu’il faut de nuit”, son premier livre publié.

Avant de raccrocher, il me souffle comme un aveu : “Maintenant, je fais des copies”.