Rentrée Littéraire d’Albin Michel 2019

Suis-je la seule à fantasmer sur les livres ? A imaginer tous les plaisirs que je vais prendre à lire un livre qui a attisé ma curiosité ?

Cette semaine, ma libido littéraire a été exaltée par la présentation de la rentrée 2019 des @editionsalbinmichel. Trois livres m’ont particulièrement tapé dans l’oeil :

1️⃣Ici n’est plus de Tommy Orange
.
Il y a une chose à savoir, c’est que Tommy Orange a un vrai sens du cool. C’est un Indien d’Amérique, de la tribu des Cheyenne. Chez Albin Michel, il a ouvert le bal en casquette de rappeur et look casual jeans tee-shirt. A l’écouter parler avec son accent californien, on se croyait transplanté sur Venice Beach. Le look mis à part, son livre a l’air vraiment puissant : il parle de la condition des Indiens d’Amérique qui ne vivent pas dans les réserves, mais dans le béton et la pauvreté des villes. Je brûle d’envie de lire ce premier roman qui a été l’une des révélations littéraires aux Etats-Unis.

2️⃣Virginia d’Emmanuelle Favier

Virginia, c’est la biographie romancée de Virginia Woolf, cette femme de lettre anglaise qui s’est suicidée en 1941 en se noyant dans un fleuve à l’âge de 59 ans. J’ai lu quelques livres de cet auteur qui a marqué la littérature par son style moderniste mais je ne connais rien de sa vie – ce livre me brûle donc les doigts. Pour ne rien arranger, ma voisine de rentrée @sosos_books_moods_and_more m’a fait l’éloge de l’écriture d’Emmanuelle Favier dont elle a lu le premier roman. Désir, quand tu nous tiens !

3️⃣Les Patriotes de Sana Krasikov

Les Patriotes est un roman fleuve qui raconte sur plusieurs décennies le destin d’une famille juive déchirée entre la Russie et les Etats-Unis au XXe siècle. Le pitch du livre m’attire, et je suis tout à fait intriguée par cet auteur, consacrée par le prestigieux magazine américain Granta comme l’un des écrivains les plus talentueux de sa génération. Du lourd, on vous dit.

Je vais emporter ces 3 livres dans mes valises cet été pour pouvoir vous en reparler plus précisément fin août, lorsqu’il seront enfin en librairie.

Maintenant vous savez tout sur mes fantasmes littéraires. A vous de dévoiler les vôtres👇(je ne parle QUE de livres…)

Proust, prix Goncourt – Thierry Laget

Chaque année, je me jette sur le dernier Goncourt comme sur une glace, en me demandant avec délices et frissons si je vais aimer son parfum, s’il va satisfaire mon palais que je crois si fin, si exigeant quant il s’agit de livres.

C’est donc avec appétit que j’ai lu le livre de Thierry Laget, Proust, prix Goncourt. J’ai aimé ce livre car il réunit 3 ingrédients que j’adore :

1️⃣Un soupçon d’histoire littéraire

De nos jours, les prix littéraires font la pluie et le beau temps en librairie. En 1903, le prix Goncourt est l’un des premier à être décerné. Il sera suivi en 1904 du prix du magazine Féminin “La Vie heureuse”, ancêtre du Fémina, puis en 1914, du Grand Prix du Roman de l’Académie française. En 1924, on recensera plus de 400 prix littéraires, et de nos jours plus de 2000. Ce livre permet de relire l’histoire littéraire sous l’angle de ces accélérateurs de succès : passionnant.

2️⃣Un zest de Proust

Si Proust était un groupe de rock, je porterais jour et nuit le tee-shirt à son effigie, ma chambre serait recouverte de posters glanés dans les magazines, et j’irais chez le coiffeur avec sa photo en lui demandant : “je veux la même”. J’étais heureuse de le retrouver dans ce livre, cette année 1919 où il a reçu le Prix Goncourt, manigancer dans l’ombre de sa chambre entre deux crises d’asthme.

3️⃣Du croustillant

Vous aussi vous aimez quand les écrivains se crêpent le chignon, écrivent des billets assassins, et des dédicaces mesquines ? Vous allez être servi. Si Proust est aujourd’hui perçu comme un classique, en 1919 il est loin de faire l’unanimité : il est perçu comme trop vieux, trop riche, trop original pour recevoir le prix Goncourt, dont la mission première est d’encourager de pauvres et jeunes romanciers. Lorsque Proust est récompensé, c’est l’émeute et le livre fourmille d’anecdotes croustillantes. Ca craque en bouche, un vrai délice.

J’incise – Christian Debry

Est-ce que toi aussi tu t’évanouis à la vue du sang ?

C’est normal. Pour être capable d’ouvrir un corps, il faut être :

1.serial killer
2.chirurgien.

Alors que les tueurs en série sont surreprésentés dans les livres, les chirurgiens brillent par leur absence. Et pourtant, ces héros vivent des aventures extraordinaires dans un lieu inaccessible au commun des mortels : le bloc opératoire.

C’est donc avec une curiosité folle que je me suis jetée sur J’incise, le roman de Christian Debry paru aux Editions Stock. Écrit par un chirurgien, ce livre permet de voir enfin le monde avec les yeux d’un homo chirurgicalis, cette espèce quasi-divine qui ne s’évanouit pas à la vue du sang.

Que se passe t’il dans la tête d’un chirurgien lorsqu’il rentre au bloc ? Quelles sont ses pensées lorsqu’il enfonce le bistouri dans le corps endormi d’un patient, dans la solitude d’un sous-sol d’hôpital ? J’incise raconte les batailles quotidiennes d’un chirurgien, ses shoots d’adrénalines dans le bloc, mais aussi l’angoisse de l’opération ratée dont il ne peut se défaire.

“L’équilibre professionnel du chirurgien ne tient que par les succès escompté et renouvelés de ses interventions. Comme la spirale de la conquête permanente peut porter les germes de l’échec. Beauté, richesse et prestance contre une intervention réussie. Modeste souhait d’un Austerlitz par jour.”


Dans ce roman, les récits d’opération ont été pour moi comme des récits d’aventures, dans lesquels on découvre des contrées inconnues, pleines de dangers insoupçonnés:

“Brutalement, le ciel s’obscurcit. Arrêt imprévu. Silence complet dans le bloc. Le ciel plombé et violacé s’ouvre, un torrent de sang vous tombe dessus. Vous ne savez plus comment arrêter cette montée rouge, qui progresse à grande vitesse. Vos certitudes immanentes de l’instant précédent s’effondrent.Sauve qui peut”.

J’ai adoré ce livre. Grâce à lui, le temps de quelques pages, j’ai vécu une expérience extraordinaire, faite de diagnostics, d’opérations de la dernière chance, et de carotides qui pètent.

Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie – Lionel Abbo

Il y a d’abord eu les wedding planners, puis les divorce planners.
A quand les death planners ?

“Faites de vos funérailles le bouquet final de votre vie”. C’est la promesse écrite en toutes lettres dans la vitrine d’Adolphe Goldstein, death planner installé rue du Faubourg-Saint-Jacques. Cet ancien journaliste s’est lancé dans le commerce de la mort, après avoir compris le potentiel business du secteur :

“Avec près de cinq cent mille décès chaque année, le business de la mort représente à l’échelle nationale deux milliards et demi d’euros. Un chiffre en augmentation constante. Quelle industrie peut se targuer d’une telle vitalité ?”


Dans le roman de Lionel Abbo, Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie, le narrateur révolutionne les codes du secteur funéraire. Il promet à ses clients des obsèques originales, des plus rock and roll aux plus loufoques, à coups de cercueils hyperconnectés et de cérémonies dignes de superproductions américaines.

Mais pour ce businessman qui transforme tout ce qu’il touche en or, le commerce des obsèques ne suffit pas. Et si l’on pouvait choisir sa mort ? Au lieu d’attendre indéfiniment que la maladie et la vieillesse vous emporte, ne voudriez-vous pas choisir un meilleur scénario, qui ferait d’elle le plus beau moment de votre vie ?

Paru aux Editions Plon , le roman de Lionel Abbo est un livre drôle et léger, plein d’humour noir et de scènes cocasses. A mi-chemin entre Six Feet Under et Dexter, il ravira les aficionados de séries américaines. Les amateurs de littérature classique, un peu moins.
.

C’est toi maman sur la photo ? – Julie Bonnie

Et vous, quelle tête aviez-vous à 20 ans ?

Aviez-vous la frange bohème de Françoise Hardy, le carré strict de Chantal Goya, ou le brushing wavy façon Farrah Fawcett ?

Quand Julie Bonnie ouvre l’album photo de sa jeunesse, ses enfants ne la reconnaissent pas. Comment voir dans cette jeune fille au crâne rasé, en pantalon de cuir et soutien gorge, la mère tout à fait respectable qui deviendra la sienne ?

Dans C’est toi, maman, sur la photo ?, l’auteur revient sur sa folle jeunesse. Nous sommes en 1993. Fille d’universitaire, Julie tourne le dos à un avenir brillant pour vivre une vie ultra-underground, dans les vestiges de l’ex-Allemagne de l’est. Elle a monté un groupe de musique punk, et se produit chaque soir dans une ville différente : Dresde, Halle, Potsdam, Rostock. Durant dix ans, elle va vivre dans un camion déglingué, manger mal, ne jamais dormir une nuit complète dans un vrai lit. Et tout ça, pourquoi ?

Dans ce roman à la fois punk et tendre, cru et nostalgique, Julie Bonnie se demande ce qui a poussé la jeune fille de bonne famille qu’elle était à céder à ses pulsions, à consumer ses nuits, à échapper à son avenir….Et si c’était à refaire, est-ce qu’elle le referait ? Est-ce qu’elle brûlerait une fois encore sa jeunesse pour se retrouver à presque cinquante ans, sans diplôme, sans études, nulle part à sa place ?

Je vous conseille ce merveilleux roman. Avec lui, on refait défiler ses années jeunesse, faites de musique déjantée, de rêves absurdes, et de coupes de cheveux improbables.

La Chambre de l’araignée – Mohammed Abdelnabi

A la fraîche ! à la fraîche ! Qui veut un livre tout frais ? Demandez le seul livre qui ne s’est pas vu sur le bookstagram. Frissons et émotions garantis dans ce livre tout droit venu d’Egypte…

La chambre de l’araignée est le deuxième roman de Mohammed Abdelnabi, tout juste paru aux éditions Actes Sud. Pour l’écrire, cet auteur égyptien s’est inspiré de l’affaire du Queen Boat, une boite de nuit gay flottante amarrée au Caire, au bord duquel 52 hommes ont été arrêtés en mai 2001. Accusés de débauche invétérée, ces homosexuels ont été soumis à des passages à tabac, et la moitié d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison.

Mohammed Abdelnabi raconte l’histoire de Hani Mahfouz, un homosexuel qui a été incarcéré le même jour de la rafle car il se promenait main dans la main avec un ami. Parce qu’il appartient à une famille puissante, cet ami sera libéré, tandis que Mohammed restera enfermé et subira la torture et les humiliations. A sa sortie de prison, il est tellement brisé qu’il en perd l’usage de la parole. Il entreprend alors de raconter son histoire depuis son enfance, la croisant avec celles de ses compagnons d’infortune.

La chambre de l’araignée est un livre fort sur la condition gay en Orient. La communauté homosexuelle fait partie des communautés les plus opprimées dans les pays arabes. La puissance de La Chambre de l’araignée, c’est d’incarner cette communauté dans des personnages qui ont toute l’épaisseur et la beauté du réel. La violence est là, permanente, mais elle cède le pas au charme de ces portraits croisés, de ces destins heurtés.

J’ai été captivée par ce livre, émerveillée par son style : un style à la fois puissant et doux, violent et ensoleillé, à l’image de l’Orient et de ses paradoxes.

Du Corps à l’ouvrage – Christian Laucou et Eric Dussert

Nous, lecteurs passionnés, nous nous comportons en amoureux transis avec les livres.Nous sommes si captivés par leurs mots, leur poésie – leur âme enfin ! – que l’on oublie trop facilement leur corps, ce corps lourd d’hérédité, à la physionomie transformée par des siècles d’impression.

C’est donc avec la précipitation d’un amant découvrant pour la première fois les formes voluptueuses de sa bien-aimée que j’ai ouvert le livre d’Eric Dussert et Christian Laucou. Quels délices en ai-je tirés !

Paru cette année aux éditions de La Table Ronde, Du Corps à l’ouvrage est un magnifique livre sur le livre. Il initie les lecteurs aux plaisirs de l’imprimerie, à la beauté de ses techniques. Le corps adoré du livre n’aura plus de secret pour vous, et vous pourrez nommer les polices ou énumérer les formats comme autant de petits mots d’amours connus de vous seuls.

On feuillette cet ouvrage avec délectation : il est conçu comme une heureuse collection de mots, de dessins et de notions qui se lisent dans le désordre, suivant le goût et l’inspiration du moment. Les définitions savantes sont nuancées par l’esprit taquin des auteurs, comme dans l’entrée suivante :

“Agréable : Mot qu’affectionnent les libraires d’ancien, décrivant avec une afféterie calculée les exemplaires des livres qu’ils proposent, exempts de défaut ou n’en arborant que de minimes. L’expression “agréable exemplaire” termine en général la notice descriptive, ce qui pourrait laisser sous-entendre que le libraire en a déjà rencontré de désagréables, voire de malotrus.”

Amis lecteurs, ne vous contentez pas d’un amour platonique avec vos livres. Plongez dans Du corps à l’ouvrage comme dans un bain de luxure : plaisirs 100 % garantis.
.

Camille et Francois – Gerard Pussey

Deux mois à peine. Deux mois à peine avant l’été.
Pour vous, l’été est sûrement cette période heureuse, synonyme de bains de soleil sur la plage , de jeux de ballons entre copains au bord de la piscine

Pour moi, c’est une période maudite. Je déteste le soleil. J’ai la peau si blanche que cinq minutes au soleil me stressent plus que si j’étais en contact avec une substance radioactive. Je passe donc mes journées d’été couverte de 5 cm de crème solaire, un panama sur la tête, sous l’ombre d’un parasol de laquelle je ne sors sous aucun prétexte, une 3e guerre mondiale fût-elle déclarée inopinément.

Vous le comprendrez aisément, je choisis avec un soin extrême mes lectures estivales. Isolée de mes congénères sous un parasol ou dans la fraîcheur d’une chambre, la lecture me permet d’oublier ma condition temporaire de vampire , et de me rappeler le temps de quelques pages ma vie d’être humain normal.

Si comme moi vous emportez plus de romans dans vos valises que de bikinis dernier cri, je vous conseille alors de prendre avec vous Camille et François, le dernier roman de Gérard Pussey. Ce roman est une superbe fresque de la vie Française de l’Occupation à nos jours.

On suit les aventures trépidantes de Camille et Francois, deux jeunes enfants nés durant la guerre et élevés ensemble. Ils vont grandir côte à côte et vivre en même temps les bouleversements des Trente Glorieuses : guerre d’Algérie, Mai 68, premiers chocs pétroliers. Camille et François sont inséparables : élevés en frère, ils s’aiment d’un amour impossible. Parviendront-ils à transgresser l’interdit familial ?

Que vous aimez ou non l’été, la côte d’azur au mois d’août, les déjeuners en terrasse, vous ne pourrez résister au charme de cette saga palpitante, qui vous fera traverser cinquante ans d’histoire en un battement de cil.

Un matin d’hiver – Philippe Vilain

T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. Décrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.” Annie Ernaux

Un matin d’hiver est un superbe roman sur l’absence. Il raconte l’histoire de Julie, enseignante de littérature à l’université de Jussieu. Elle tombe amoureuse de Dan Peeters, un chercheur en sociologie américain spécialisé dans l’étude des ghettos. Elle tombe rapidement enceinte, ils se marient, et vivent une vie de famille tranquille. Un jour, Dan part à Atlanta. C’est une habitude, il part souvent là-bas faire des recherches de terrain. Mais cette fois, il disparaît sans laisser de traces.

A-t’il été assassiné dans un quartier mal famé de Houston ? Est-il un agent infiltré, dont la vie de famille était une couverture ? Ou a-t’il décidé tout simplement de changer de vie ? Plus Julie tente de cerner ce qui est arrivé à son mari, plus il lui échappe.

Dan n’est pas la seule personne à disparaître dans ce roman. Car dès l’incipit, l’auteur s’absente. Il s’efface derrière l’histoire de cette femme, qu’il transpose dans une prose délicate et sincère. Il décrit à merveille l’évolution des sentiments, l’apprentissage de la vie de famille, l’incompréhension créée par la disparition. Mais sans pathos 👇


“ à mes yeux, les histoires ne sont ni tristes ni gaies, ni heureuses ni malheureuses, elles sont simplement ce que nous faisons d’elles, je dirais même qu’elles sont belles de ce que nous faisons d’elles et de ce qu’elles font de nous : belles des surprises qu’elles nous offrent et des découvertes qu’elles nous font faire, belles des malheurs mêmes qu’elles nous font traverser et des peines qu’elles nous font éprouver, belles des passions et des émotions fortes qui nous font vibrer, belles de ce qu’elles nous révèlent, belles des peurs qu’elles nous font surmonter, belles de ce qui nous arrive et de ce qu’elles nous font devenir”.

Avec Philippe Vilain, l’absence peut être belle comme un matin d’hiver, quand la neige ensevelit tout, recouvre tout : on est ébloui par la lumière.

Comme elle l’imagine – Stéphanie Dupays

J’ai lu le livre de Stéphanie Dupays d’une traite, me reconnaissant à chaque page, si bien qu’en le refermant je me suis écriée : “Laure, c’est moi !”
Et cela n’est pas un hasard : Laure, le personnage principal de Comme elle l’imagine, est une Madame Bovary du 21e siècle.

Laure est professeur de lettres à la Sorbonne. Cette spécialiste de Flaubert tombe amoureuse de Vincent, un homme qu’elle a rencontré sur Facebook. Après quelques likes échangés, elle se lance dans une conversation privée, et peu à peu succombe au charme de cet avatar virtuel :


“Face à son béguin virtuel, ces hommes n’avaient aucune chance car ils étaient réels alors que Vincent était une idée façonnée par Laure à l’image exacte de son désir. »

Comme Madame Bovary, Laure est prise au piège d’une imagination toute puissante. Elle la mène à un amour inconsidéré pour une personne qu’elle fantasme plus qu’elle ne connaît, et dont elle scrute le moindre signe sur les réseaux sociaux.

Comme elle l’imagine remporterait haut la main le prix Narcisse du roman s’il existait : on se regarde dans ce roman comme dans un miroir, on s’identifie à son héroïne accro à sa messagerie Facebook, aux chansons de Goldman et aux films de Rohmer.

A l’heure où le virtuel transforme les relations entre les êtres, où internet démultiplie le rôle de l’imaginaire dans la formation du désir, Stéphanie Dupays transpose avec subtilité l’héroïne de Flaubert au 21e siècle.

Merci Stéphanie Dupays, grâce à vous Madame Bovary s’est fait un lifting digne des plus grandes stars.