Julie Neveux- « JE PARLE COMME JE SUIS”

À QUOI RECONNAÎT-ON UN BON LIVRE? C’est quand il passe de main en main dans la famille !

J’avais emmené “Je parle comme je suis” de Julie Neveux en vacances, et j’avais à peine commencé à le lire que mon mec s’en est emparé illico presto. Il a terminé sa course dans la chambre de ma fille en CE1 qui m’a annoncé fièrement : “J’en suis à la page 11.”

Comment expliquer un tel engouement familial ? Julie Neveux, linguiste, a mené un travail d’analyse passionnant sur les termes en vogue qui en disent plus sur notre rapport au monde que n’importe quel selfie. Du “manspreading” à la “collapsologie”, l’auteur de cet ouvrage qui vient de paraître aux éditions Grasset inspecte l’étymologie, l’évolution des usages, et tend un miroir dans lequel on se découvre un profil surprenant d’homme machine, à l’aise sur les réseaux sociaux, mais bégayant immanquablement dès qu’on passe à l’oral:

“Le paradoxe apparent de cette histoire, c’est que nos tics, plutôt que de confirmer la promotion de soi que les nouveaux modes de communication numérique ont fait émerger, nous dévoilent l’envers du décor. Toute la journée, on écrit ce qu’on pense, on hypercommunique, on opine, mais dès qu’on se retrouve à devoir parler notre langue, nos tics indiquent qu’on fait tout autre chose : on bégaie, “au jour d’aujourd’hui”, “voilà voilà voilà”, on s’interrompt, on se répète […].”

J’ai appris dans ce livre des choses folles, l’une de mes préférées concerne l’expression “pas de souci”, dont Julie Neveux retrace l’usage en ces termes :

“ “Souci”, apparu vers le 13e siècle sous la forme “soussi”, désigne, dans ses premiers siècles d’existence, une inquiétude profonde, voire une angoisse. Vers la fin du 14e, il prend une coloration plus romantique, mais reste le signe d’un sentiment inquiet, et peut même servir à désigner l’être aimé : viens là mon souci, toi qui me remues et m’obsèdes, emploi attesté dans le poème de Corneille intitulé “Sur une absence en temps de pluie” où l’on peut lire “je vous jure, mon cher souci” (que vous me manquez)”

ALEXANDRE STEIGER-SANS BILL NI MURAY

DES FANS DE BILL MURRAY DANS LA SALLE ?

“Bill n’est pas un acteur. Il est un paysage. Et ce paysage a des cernes sous les yeux. Deux poches de sable fin, sous la gouttière des cils, qui drainent avec élégance toute la désolation du monde”.

“Sans Bill ni Murray” est un roman hilarant écrit par alexandre Steiger et publié aux éditions Léo Scheer. Il raconte les péripéties d’Antoine Taupin, un cinéaste de 41 ans au chomage qui croise un jour, en plein Villejuif, au sortir d’un Picard Surgelés, la silhouette de Bill Murray. Était-ce bien la star internationale qu’il a apercu s’engouffrer dans une Berline noire ?

“Bill Murray est considéré comme l’acteur le plus injoignable au monde. Il n’a pas de portable. Il dispose d’un simple répondeur téléphonique, une sorte de boîte noire, qu’il utilise comme une ligne verte, sur laquelle on peut lui laisser un message comme on jette une bouteille à la mer. […] La vérité, c’est que personne ne pouvait dire où se trouvait Bill Murray. Bill était partout et nulle part à la fois”.

Antoine Taupin se lance alors à la recherche de Bill Murray, et devient par chance figurant n°84 sur un tournage international surréaliste, dans lequel il guette la présence de la figure du “Pape de la mélancolie”.

Un roman court qui se lit comme on regarderait un bon film, en se tordant les côtes de rires. Un loser au chômage et une star internationale quasi spectrale, quel casting de génie !

DAVID LE BAILLY – RIMBAUD L’autre

Je ne vous l’ai peut-être jamais dit, mais j’ai été rimbaldienne à une époque de ma vie. J’ai passé deux années les yeux fixés sur Rimbaud, allant des poésies de 72 à ses lettres, de la saison en enfer aux illuminations. Il me semblait que je connaissais tout du poète, j’avais en tête la silhouette austère de la “mother”, l’existence pieuse de sa soeur Isabelle, et le nom absurde de son mari, Paterne Berrichon qui avait édulcoré l’image du poète à la mort prématurée de ce dernier. Je connaissais tout, sauf la vie de son grand frère, Frédéric.

Dans “ L’autre Rimbaud” paru aux éditions de l’Iconoclaste, David le Bailly revient sur ce frère raté, rayé de la famille pour avoir épousé une femme en dessous de lui. Un frère qui a pourtant partagé les heures d’ennui de l’enfance du poète à Charleville-Mézières, “supérieurement idiote entre les petites villes de province”, le missel du dimanche et le caractère intraitable de leur mère. Puis, leurs chemins se sont séparés. L’un est parti à Paris pour révolutionner la littérature française, l’autre est resté à Charleville, où il a eu pour seule destinée celle de conduire des calèche.

“Il ont fait mine d’être heureux de le revoir, mais il n’est pas dupe. Il sait que pour eux, il est le raté, le déclassé, celui qui s’est compromis par un mauvais mariage. Déjà à l’époque, il était le cancre, le benêt. Le premier à être puni, le premier à prendre pour les autres.”

“L’autre Rimbaud” est une enquête sur un homme condamné à l’invisibilité par sa famille, et dont on a été jusqu’à effacer le visage sur la photographie où il pose à côté de Rimbaud en premier communiant. @dlebailly4 a passé ses journées aux archives, il a écumé les registres d’état civil, la presse locale, les études notariales, la correspondance des Rimbaud, et est allé à la rencontre de sa descendance, pour retrouver la trace de ce frère dont plus personne ne voulait.

J’ai beaucoup aimé ce livre, cela m’a permis de voir Rimbaud autrement, du point de vue de l’angle mort, de ce frère inexistant aux yeux de tous, alors qu’il était bien vivant

Dominique Fortier-Les villes de papier

PO PO PO ! POÉSIE !

Voici l’un de mes gros coups de coeur de la rentrée littéraire – “Les villes de Papier” de Dominique Fortier aux éditions Grasset , qui sort demain en librairie.

Connaissez-vous la vie d’Emily Dickinson ? Cette poétesse américaine née en 1830 et morte en 1886, a composé presque mille huit cent poèmes, dont moins d’une douzaine a été publiée de son vivant. Elle écrivait sur des emballages, des cartons, des enveloppes qu’elle cachait dans ses tiroirs, et qui ne seront trouvés qu’à sa mort. Elle a vécu cloîtré chez elle une partie de sa vie, ne quitta plus sa maison qu’en cas de force majeure, parlant à ses visiteurs à travers une porte.

“Emily des champs n’est jamais allée à la mer. Cette étendue mouvante et bleue l’effraie. Elle est parfaitement à son aise dans le prisme que trace une goutte d’eau, une seule, sur la vitre de sa chambre. Quand elle rêve de l’océan, elle craint d’y tomber comme on bascule en bas d’une falaise. Il y a des risques à côtoyer l’infini”.

Dans “Les villes de papier”, Dominique Fortier retrace la vie d’une des figures les plus importantes de la littérature mondiale, non pas sa vie réelle, mais sa vie intérieure, irréductible, foisonnante, illuminée par la force aveuglante de ses poèmes.

“Ces poèmes qu’elle appelle “neige”, il les conçoit comme des flocons délicats et aeriens, d’une fragilité presque surnaturelle – une très fine dentelle de mots. Mais en écrivant “neige”, ce qu’Emily a derrière les paupières, c’est la plus puissante des avalanches”.

Ce livre est si beau, Dominique Fortier n’écrit pas, elle projette des figures sensuelles sur le papier, des images fugaces que l’on pourrait presque toucher. Elle tisse les mots, entrelace les destinées, la vie d’Emily Dickinson avec la sienne, dans un livre plein de poésie.

éric laurrent- UNE FILLE DE Rêve

ÉROTISME DISCRET DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

Attention, voici un des livres les plus séduisants de la rentrée littéraire! “Une fille de rêve” de Eric Laurrent raconte l’histoire de Nicole Sauxilange, alias Nicky Soxy, une jeune starlette des années 1980 qui commence sa carrière en faisant des photos de charme. Un sujet léger certes, mais traité avec un style impeccable, des phrases travaillées au millimètre, qui donnent un charme fou à ce roman tout juste paru chez Flammarion .

“Vous êtes vraiment sûre de vouloir poser pour nous?[…] Je veux dire: cela ne vous trouble pas que des hommes éprouvent… comment dire … de l’excitation en vous voyant nue ? avait insisté la dame, qui soupçonnait l’adolescente de n’avoir pas exactement saisi le sens de la question, pour ne se l’être, sans doute, jamais posée. – Non, pas du tout, avait crânement soutenu cette dernière. Pourquoi ça me troublerait? Ils feront ce qu’ils voudront, après tout. Moi, ça ne me regarde pas.” Claudie Meyer avait souri. “Ça ne vous regarde peut-être pas, mais…ça vous regarde quand même, avait-elle repris sur un ton malicieux. Ca ne fait même que ça,vous regarder, comme dirait Lacan”.

Eric Laurrent reconstruit à merveille l’atmosphère surannée des années 80, faite d’argent facile, de boites de nuit, et de personnages interlopes. Sur ce fond obscur traversé par la lumière aveuglante des spots, on voit la belle Nicole Sauxilange monter au sommet, s’y bruler les ailes et mourir tragiquement comme une starlette ordinaire.

Une lecture léchée et amusante, qui met un peu de piment dans la rentrée littéraire.

Miguel Bonnefoy-Héritage

DÉMARRER LA RENTRÉE LITTÉRAIRE AVEC STYLE

J’ai trouvé le plus bel incipit de la rentrée littéraire, il est dans “Héritage”, le nouveau roman de Miguel Bonnefoy qui vient de paraître aux éditions Rivages.

“Lazare Lonsonier lisait dans son bain quand la nouvelle de la Première Guerre mondiale arriva jusqu’au Chili. A cette époque, il avait pris l’habitude de feuilleter le journal français à douze mille kilomètres de distance, dans une eau parfumée d’écorces de citron, et plus tard, lorsqu’il revint avec une moitié de poumon, ayant perdu deux frères dans les tranchées de la Marne, il ne put jamais réellement dissocier l’odeur des agrumes de celle des obus”.

Démarrant sur cette superbe prolepse, le récit s’engage à toute vitesse. “Héritage” raconte l’histoire de la famille Lonsonier, dont le patriarche fuit en 1873 les coteaux du Jura ravagés par le phylloxéra, avec pour unique bagage un cep de vigne survivant, pour le replanter au Chili et faire renaître l’héritage familial. Un siècle, deux guerres et une révolution plus tard, Ilario Da, son arrière-petit-fils arrivera à Paris, chassé par la dictature de Pinochet. On suit la famille Lonsonier sur quatre générations, au travers l’exil, le déracinement, et les mésaventures du XXe siècle.

“Héritage”, c’est un très beau roman qui déploie sur seulement deux cent pages des trésors de style tels qu’on aimerait faire des arrêts sur image, stationner un instant pour fixer le délié fin des silhouettes, le foisonnement des couleurs. Mais non, on est pris par l’histoire, on cavale d’un siècle à l’autre, d’est en ouest, jusqu’au point final, où l’on termine ravi du voyage.

Un roman pour aborder le mois de septembre avec élégance et perfection, mieux qu’avec un trenchcoat ou une nouvelle paire de godasses.

Pierre Ducrozet -LE GRAND VERTIGE

Est-ce que parfois vous ouvrez un livre, et vous l’adorez pour une toute autre raison que ce que vous pensiez y trouver ?

 « Le grand vertige » de Pierre Ducrozet m’a fait l’effet d’une pochette surprise. Je pensais que j’allais lire un roman écologique, traitant d’une planète en sursis, en proie à l’urgence et au pire généralisé. Je m’attendais à un grand roman d’aventure politique, avec un personnage central à la tête d’une commission internationale sur le changement climatique, qui tente de transformer son job en arme de révolution massive, en montant un vaste réseau de scientifiques ou de baroudeurs qu’il envoie en mission secrète dans les coins les plus reculés de la planète.

Il y a bien tout cela dans le magnifique roman de Pierre Ducrozet. Mais j’y ai trouvé encore autre chose, qui m’a totalement enthousiasmé : June, une jeune fille de vingt deux ans, qui parcourt la planète avec un air vraiment blasé. Enfin, un personnage qui a de la gueule, du chien, un personnage 21e siècle, un brin désabusé, ce nouveau mal des temps modernes !

“June observe le ballet. Elle s’emmerde avec méthode : il y a des manières, des codes précis, on ne fait pas ça n’importe comment, il s’agit de regarder aussi longtemps que possible les choses jusqu’à s’en dépassionner, ne rien sentir, surtout ne rien sentir, et persévérer alors davantage, se fondre dans les éléments, jusqu’à ne faire plus qu’un avec l’ennui, qui cesse alors d’être”.

Moi qui m’attache généralement peu aux personnages, j’ai adoré le style de cette héroïne, la manière qu’elle a de glisser d’un air détaché sur une planète en surchauffe jusqu’au moment où elle va peut-être vaciller, se perdre, ou exploser.

Lisez absolument ce livre, pour le sujet écologique (traité de manière incroyable), pour la construction romanesque (rythmée), mais surtout pour cette June à laquelle je n’ai pu m’empêcher de m’identifier.

Franck bouysse-Buveurs de vent

LA BOURRASQUE DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2020

Qui parmi vous a la nostalgie de ses lectures d’enfant, de ces heures passés à lire sous un arbre l’été, dans des après-midi qui n’avaient pas de fin ?

Le dernier Bouysse m’a rappelé le plaisir que j’avais enfant à lire des romans, à me sentir complètement transportée dans un univers romanesque, à suivre les aventures de personnages terribles et touchants.

“Buveurs de Vent” raconte l’histoire de la famille Volny, une famille de quatre enfants nés dans une vallée coupée du monde par des montagnes. Leur mère est une bigote qui ne jure que par les bondieuseries apprises dans l’Ancien Testament, leur père quant à lui est un tyran domestique, qui interdit les livres à ses enfants. Marc, Matthieu, Mabel et Luc grandissent dans un environnement stérile et menaçant, mais ils sont incroyablement soudés les uns aux autres, malgré leurs différences.

“Quatre ils étaient, un ils formaient, forment, et formeront à jamais. Une phrase lisible faite de quatre brins de chair torsadés, soudés, galvanisés. Quatre gamins, quatre vies tressées, liées entre elles dans une même phrase en train de s’écrire. Trois frère et une soeur nés du Gour Noir”.

Un livre tout entièrement parcouru d’un souffle épique, qui pousse les personnages en avant dans une terre sombre et mythique qui ressemble à celle des premiers hommes.

A mettre absolument dans votre pile, rien que pour lire le final, qui est éblouissant !

VICTOR POUCHET-AUTOPORTRAIT EN CHEVREUIL

Aujourd’hui je vous présente « Autoportrait en chevreuil » de Victor Pouchet qui sortira demain aux éditions finitude.

C’est à mon sens un des plus cools livres de la rentrée littéraire 2020 !

« Autoportrait en chevreuil » raconte l’histoire d’Elias, un jeune homme qui a eu une enfance différente, aux côtés d’un père magnétiseur, à moitié fou, obsédé par les ondes électro-magnétiques et les animaux totems.

Mais pourquoi Elias est-il un chevreuil ? C’est ce qu’on découvre dans ce livre singulièrement poétique, grâce aux regards croisés des différentes voix qui se succèdent. Dans la première partie du roman, Elias raconte ses souvenirs d’enfance, puis on le voit au travers du journal intime de sa copine, Avril, et dans une ultime métamorphose, dans les yeux de son père. Une structure romanesque envoûtante, qui dévoile les différentes facettes du personnage comme dans une anamorphose. A moins qu’il ne se dérobe.

Autoportrait en chevreuil est beau jusque dans les questions qu’il pose : sommes-nous déterminés par des parents bizarres, par une enfance différente, ou pouvons-nous nous dérober aux dernier moment, dans une ultime esquive?

“ A certains moments, je voudrais que toute cette enfance se détache, ces morceaux de moi qui ne sont plus moi, les parties de cartes perdues, la faute creusée dans la peau de ma main, les ondes qui nous cernent partout, le tabouret à la cave, la pluie qui ne s’arrête jamais, le grand accident et les grands discours: que tout s’efface comme un défait un puzzle en le retournant jusqu’à ce que l’image se craquelle et que les pièces se dissocient les unes des autres. Pendant toute une partie de mon enfance, j’ai voulu m’échapper, je guettais l’évasion, je sentais que tout ça n’était pas normal et qu’il fallait trouver le cheval le plus rapide pour fuir”.

Un livre soutenu par un style simple et poétique, qui fixe dans ses mots toute l’étrangeté de l’existence.

joseph kessel-Les temps sauvages

 Je suis en retard, en retard !

Quand Kessel est entré en Pléiade en juin, j’ai commencé à m’agiter façon lapin d’Alice au pays des merveilles. Moi aussi j’étais en retard. En retard sur la Pléiade. En retard sur Kessel. Avais-je lu un seul livre de cet écrivain ? « Le Lion », il y a longtemps. Et encore, comme beaucoup de souvenirs de lecture, peut-être l’ai-je seulement rêvé.

En errant dans les rayons de la Librairie Galignani , je suis tombée sur “les temps sauvages” de Kessel. Pas un grand Kessel à priori. Pas “L’équipage” (1923), qui fut le premier succès de celui qui fut à la fois aviateur romancier, grand reporter et grand voyageur. Ni “Belle de jour” (1928), ce roman à la réputation sulfureuse, adapté par Luis Buñuel au cinéma. Ce n’est pas non plus « L’armée des ombres » (1943), roman de la résistance porté à l’écran par Melville, avec Lino Ventura dans le rôle principal.

« Les temps sauvages »: Pas un Kessel célèbre certes, mais un très bon Kessel, qui m’a donné envie de rentrer plus avant dans le corpus de l’auteur. (Suivez mon regard, Pléiade en vue).

Dans ce roman paru en 1975, Kessel revient sur son expérience de la première guerre mondiale. En 1918, il a vingt ans, il est sous lieutenant dans l’aviation. Il s’engage de manière volontaire dans le corps expéditionnaire que la France envoie en Sibérie combattre l’armée rouge. Il arrive à Vladivostok après un long voyage, qui le mène de Brest à New York, puis au Japon. Arrivé là bas, il déchante. Vladivostok est une ville soumise à la loi de la jungle. Kessel passe ses nuits dans une boite de nuit, où il rencontre rencontre Léna, une chanteuse mince et triste. Il noue avec elle une étrange histoire d’amour dans une atmosphère de fin du monde.

Pourquoi lire Kessel ? Pour le style, direct et tranchant.Pour l’aventure aussi, dans ces arrières contrées qui étaient encore à découvrir.