ALLO LIONEL DUROY ?

Cette semaine, j’ai appelé Lionel Duroy, l’auteur de “L’homme qui tremble” aux éditions Mialet-Barrault. Je lui ai demandé de me donner la première histoire qui lui venait à l’esprit, la voici :

“J’ai toujours eu le désir d’avoir un livre qui m’accompagne dans l’écriture. En écrivant “Colères” je lisais Rilke, quand j’écrivais “Le Chagrin” je lisais Richard Ford, quand j’écrivais “Échapper” je lisais Siegried Lenz.

Avant d’écrire “L’homme qui tremble”, j’ouvrais livre après livre en me demandant qui j’avais envie d’avoir comme compagnon. Vers deux heures du matin, je suis tombé sur le livre de Nathalie Léger, un tout petit livre édité chez POL qui s’appelle “supplément à la vie de Barbara Loden”. Ça a été un moment très fort. De Barbara Loden je ne savais pas grand chose, je savais qu’elle était l’auteur de Wanda, son unique film, qu’elle était morte très jeune.

Dans les premières pages du livre de Nathalie Léger, je suis tombé sur cette phrase “J’ai traversé la vie comme une autiste, persuadée que je ne valais rien, incapable de savoir qui j’étais, allant de-ci de-là, sans dignité”, et ça a été le déclencheur. J’ai pensé que moi aussi j’avais traversé la vie comme un autiste, allant de-ci de-là, persuadé que je ne valais rien. Je pense que Barbara Loden a eu une enfance de merde, et que dans ces cas là, on a une image complètement dégradée de soi. J’ai lu tout le livre en une heure, et puis le lendemain matin je me suis mis à écrire.

J’étais chez une amie. Quand elle m’a vue le lendemain avec ce livre, elle a vu combien il comptait pour moi et elle me l’a donné, et je suis parti avec. Il est encore avec moi, tant que je suis encore occupé par ce livre je suis occupé par le livre de Nathalie Léger. Il m’a accompagné pendant toute l’écriture, je l’ai tout le temps avec moi, à Paris, en voyage. Avec ce livre, je suis en harmonie de pensée dans ce moment de ma vie, préoccupé des mêmes choses, occupés de mêmes angoisses ou de la même intranquillité.

Lionel Duroy – L’homme qui tremble

L’Art de l’autoportrait

“On est de son enfance comme on est d’un pays” (Jean Genet).

Dans son très touchant “L’homme qui tremble qui tremble”, Lionel Duroy raconte comment son enfance a dessiné l’écrivain qu’il est aujourd’hui.

Lionel Duroy est né en 1949. Il est le quatrième d’une famille de dix enfants, et qui ira rapidement à la ruine. Le père, Toto, un aristocrate fauché, s’est surendetté pour offrir à sa mère le train de vie qu’elle exigeait. Quand il a neuf ans, les huissiers viennent saisir leur appartement bourgeois de Neuilly, ils sont alors déclassés, bringuebalés de Rueil à Vaucresson. Lionel Duroy est déscolarisé, et vit dans la terreur de la folie de sa mère. Une expérience de l’effondrement qui va le marquer à l’âge adulte, dans ses mariages et dans ses divorces, et dont seul le sauvera l’écriture de ses livres.

“C’est à Neuilly que je prends petit à petit conscience de mon image, de ce que je donne à voir de ma personne. Je suis un enfant joufflu, peut-être cela aurait-il pu m’échapper si je ne l’avais pas entendu dire et répéter “Ah, celui-ci a de bonnes joues !”, les soirs de réception, à l’instant où nous arrivions au salon par ordre de taille pour être présentés aux invités. Comment est-ce que je devine que ce n’est pas un compliment ? Au rictus de notre mère, sans doute. Elle souriait, au grand jeu des ressemblances elle se rengorgeant pour Christine, notre aînée, portrait de sa mère, pour Frédéric – “Celui-là c’est mon père ! Papa tout craché, racé jusqu’au bout des ongles”-, elle était heureuse encore pour Nicolas – “Beau comme un dieu, disait-elle, éblouie, beau comme un dieu”-, et brusquement, elle semblait moins lumineuse, imperceptiblement froissée quand venait mon tour.”

J’ai été très émue par cet autoportrait tout en blessures, en crevasses fines. On le lit comme on toucherait un visage, suivant de la main un grain de peau marqué par l’enfance, heurté par ses souvenirs.

 ALLO ARTHUR DREYFUS ?

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de parler au téléphone à Arthur Dreyfus, l’auteur de l’incroyable “Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui” publié aux éditions P.O.L.

Je lui ai demandé de me donner une anecdote, il m’a raconté le moment où il a terminé son livre de 2300 pages, qu’il a mis 6 ou 7 ans à écrire et dont la première relecture a duré un an:

“ Je me suis confiné pendant un an, de 6h40 du matin jusqu’à 21 heures le soir, je relisais de A à Z sans voir personne. C’était une épreuve totale.

J’ai terminé cette première et grande relecture un jour à 3h30 du matin. Je m’étais fait le pari de sortir dans la rue, quels que soit l’heure, le temps, la météo, et d’aller voir la première personne que je croiserais pour lui dire : “cela fait six ans que j’ai consacré ma vie à écrire un livre, et il y a dix minutes, je viens de mettre le point final, et je voulais vous le dire”.

Cette nuit-là je sors rue des Cascades. C’était autour du 10 janvier, il faisait assez froid, j’ai mis le concerto n°23 de Mozart, le mouvement lent. J’étais porté par une sorte d’énergie, j’avais envie de croire que j’étais dans un film de ma vie, et je me voyais marcher dans cette rue totalement vide, hagard, encore tremblant du dernier effort que j’avais accompli (les 4 derniers jours j’avais quasiment écrit 22 heures par jour).

Et voilà, ce qui était peut-être prévisible, la rue était totalement vide et je n’ai croisé personne, sauf un groupe de mecs qui trafiquait un truc dans un coin, sous un porche. Ce n’était pas les bons candidats. J’ai acheté un paquet de Pépito et un jus de goyave dans une épicerie de nuit, je suis rentré chez moi, et je me suis dit que la personne que je cherchais cette nuit-là ce serait en fait le premier lecteur.”

jolie histoire, non ?

Et pour lire ma chronique de son livre, rendez-vous sur mon dernier post !

Arthur Dreyfus-journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui

Quel INCROYABLE livre, ce “journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui” !

Magnifique objet de 2300 pages, collection naturalisée de visages, d’odeurs, de substances molles, de positions, de phrases lues, de sensations crues, de nausées existentielles qui alternent parfois avec des moments d’illumination vive, idée ou rencontre d’un garçon au profil de poésie pure.

Arthur Dreyfus a tenu durant plusieurs années un journal de sa vie sexuelle. Il y accumule les rencontres avec les hommes, des plans culs qui virent à l’obsession, à la frénésie, et qu’il enregistre – parfois pendant – avec un soin maniaque. Les moments de vide, les interstices sont transformés en histoires, micro-fictions rédigées en palimpseste sur les jours:

“Chaque rencontre sexuelle m’apparaît comme le chapitre d’un roman, une nouvelle supplémentaire dans un recueil. Quand on traverse une ville la nuit, les fenêtres allumées fascinent parce qu’elles contiennent toutes une vie différente. Rencontrer un garçon, pour moi, c’est escalader une façade, ouvrir une de ces fenêtres”.

L’entreprise s’inverse, Arthur Dreyfus n’écrit plus ce qu’il vit, il provoque les plans pour pouvoir les écrire. Il ment, tapine, se vide, pratique le chemsex, jusqu’à s’épuiser, se perdre dans une violente mise à nu de lui-même.

“Il y a peut-être deux sortes de livres, ceux qui montrent et ceux qui donnent”, disait Walter Benjamin. Le livre d’Arthur Dreyfus appartient à cette dernière catégorie, il touche “celui à qui il est destiné si profondément qu’il l’effraie.”

Lisez absolument ce livre, trash autant que sublime, l’un des plus beaux que j’aie lus ces dernières années .

Bénédicte Soymier – Le Mal-épris

Voici un premier roman comme on aimerait en lire souvent, un premier roman avec un parti-pris fort, celle de faire voir la laideur , “supérieure à la beauté, car elle dure plus longtemps”. (Gainsbourg, cité par l’auteure).

Le Mal-épris raconte l’histoire de Paul, un homme au physique ingrat, toujours mal à l’aise. Lorsque Mylène emménage sur le même palier, il devient complètement obsédé par elle, l’épie, note comme un prédateur sur un carnet les moindre petits faits.

“Paul s’est acheté un petit carnet bleu sur lequel il consigne ses départs, ses retours, ses rencontres, les mots qu’elle échange avec la voisine du dessus ou le locataire du dessous, ses tenues, ses coiffures. Il écrit ce qu’il aime et ce qu’il déteste, comme ses chaussures noires fermées par une boucle aux talons bien trop hauts pour une femme respectable. Il note, découpe, dessine et décore, et prend quelques photos avec son portable quand la lumière le lui permet et que l’angle le cache. Il les colle avec une colle de grande qualité pour ne pas qu’elle tache et transperce le papier. Il hait les marques jaunes que peuvent laisser les bavures d’un travail bâclé. Lui, il faut que ce soit léché, sans fautes ou ratures, tracé à la règle et séché à son souffle. Une œuvre d’art.”

Mais Mylène est une proie difficile, il se rabat alors sur Angélique, une collègue qui élève seule son fils. La jeune femme manque de confiance en elle, et cède aux avances de Paul. Le piège de la violence se refermera sur elle.

Dans une langue précise, soutenue par un très beau souffle, Bénédicte Soymier donne un visage aux violence faites aux femmes. Elle dresse un portrait précis, en mouvement, d’un homme poursuivi par ses pulsions, et qui bascule dans la spirale de la violence.

Bravo pour ce très beau livre qui m’a beaucoup impressionné !

Eric Chevillard-Sine die

C’est parti, je rentre dans mon post pour vous montrer un livre très amusant : “Sine die” de Eric Chevillard.

Eric Chevillard est écrivain à qui l’on doit des livres géniaux, tels que “Dino Egger” ou “Prosper à l’oeuvre”. Dans ses livres, l’humour côtoie l’intelligence avec une force rare.

Depuis 2007, l’écrivain tient un blog nommé l’Autofictif, où il écrit chaque jour trois courts billets. En quelques lignes, Eric Chevillard escalade les barreaux du réel, et à rebours de toute logique, réinvente le quotidien avec une bonne dose d’ironie.

Du 19 mars au 12 mai 2020, Eric Chevillard a tenu une chronique du confinement, “Sine die”, qu’il a publié aux éditions de l’Arbre Vengeur . Dans ses pages, l’épreuve de la privation de liberté se transforme en exercice d’évasion :

“Tous les moyens sont bons et les citoyens assoiffés de liberté ne reculent devant rien. On raconte qu’une dame de 97 ans, ayant réussi à sortir nuitamment de son Ehpad limougeaud par la lucarne du grenier a contraint, sous la menace d’un fusil à baïonnette de 1870, un pilote d’hélicoptère à rejoindre le lotissement Les Azalées de Panazol. Puis, l’appareil s’étant immobilisé sur son ordre au-dessus d’un pavillon, elle aurait déroulé une échelle de laine de 25 mètres tricotée clandestinement (elle prétendit jusqu’au bout qu’il s’agissait d’une chaussette et parvint à enfumer ses auxiliaires de vie en alternant des rayures de trois couleurs)[…].

Je vous conseille ce cool livre, que j’ai malheureusement laissé tomber dans ma petite animation. La tuile ! Allez juré, la prochaine fois je ferai mieux !

LE PARFAIT SANDWICH !

J’aimerai vous parler aujourd’hui d’un sandwich parfait, composé des 3 livres en compétition pour le Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro

J’ai reçu cette deuxième sélection juste avant de partir en vacances, et je peux dire qu’elle se mange sans faim !

Vous aurez reconnu la “Familia Grande” de Camille Kouchner, dont on a beaucoup parlé en ce début d’année et qui trouve sa juste place dans un prix qui célèbre les héroïnes au féminin.

J’ai également découvert le très beau texte de Claire Keegan, “Ce genre de petites choses”, un livre subtil sur le scandale des filles-mères exploitées par les sœurs catholiques en Irlande.

Et pour finir, je me suis replongée dans la plume de Philippe Besson qui dans “ Le dernier enfant” raconte le vacillement d’une mère au moment où son dernier enfant quitte le nid familial.

ALLO LAUREN BASTIDE ?

Cette semaine, j’ai eu la chance de parler au téléphone à Lauren Bastide , créatrice du merveilleux podcast La Poudre.

Elle m’a raconté la première interview qu’elle a enregistrée. C’était au printemps 2016, avec la réalisatrice Rebecca Zlotowski. Elle n’avait jamais fait de podcast auparavant et était si tétanisée qu’elle a fait une extinction de voix la veille. Après l’interview, elle a passé un temps monstre à dérusher, l’enregistrement étant trop long. « Il y a des passages entiers de l’interview de Rebecca Zlotowski qui n’ont jamais été entendus nulle part ! », me dit-elle en riant. « C’était mon baptême du feu, mais j’ai relu l’interview récemment et elle est vraiment super ».

Au fur et à mesure des années, le podcast a évolué. Les questions récurrentes qu’elle posait, telles que « est-ce que vous êtes née femme ou est-ce que vous l’êtes devenue » et qui étaient pensées pour être posées à des femmes, n’ont pas la même résonance pour des personnes trans par exemple.

« Au tout début de mon combat, je n’étais pas forcément sensibilisée à la question des transidentités, j’avais une vision du féminisme plus essentialiste, axée sur une vision biologique du corps des femmes. Mais cela m’a permis de rentrer dans le vif du sujet et d’obtenir des réponses très intéressantes. J’ai continué à les poser avec acharnement, à Inès Rau, une femme trans ou à Paul B. Preciado, un homme trans et leurs réponses étaient passionnantes. Mais ce sont des questions aujourd’hui que je trouve moins brûlantes »

“Ce podcast m’a fait énormément grandir, me dit-elle. Quand Sonia Rolland me parle du Rwanda, ou Melissa Laveaux d’Haïti, cela m’a donné une vision du monde complètement nouvelle. J’ai aussi vu l’audience de la Poudre grandir aussi et devenir de plus en plus pointue sur les questions féministes. C’est pour cela que pour la prochaine saison de La Poudre je vais interviewer des chercheur.ses et mettre en avant la recherche en étude de genres, car nous sommes à un moment où nous avons besoin d’armes théoriques pour lutter”.

Passionnant, non ? Pour lire ma chronique de son genial recueil d’entretiens, RDV sur mon dernier post !

Florence Aubenas-L’inconnu de la poste

PASSIONNANT !

J’ai toujours aimé les faits divers, curiosités, prodiges, monstres, anecdotes, récits des événements remarquables arrivés à x et autres affaires. J’aime quand ils sont captés, amplifiés par les écrivains, d’Alexandre Dumas à Emmanuel Carrère.

En faisant mes courses chez Carrefour, j’ai fermement empoigné le dernier livre de Florence Aubenas, et l’ai posé délicatement dans mon caddie entre les œufs, les radis, et les couches du petit dernier (désolée pour cette hérésie, pas une librairie dans un rayon de 50km).

Le soir même, je me suis plongée dans l’histoire de ce fait divers dont j’aurais pour toujours oublié l’existence s’il n’y avait eu le livre de Florence Aubenas , qui a enquêté sur le meurtre ayant eu lieu dans le village de Montréal-la-cluse en 2008.

Le 19 décembre 2008 au matin, peu après l’ouverture de la poste, le corps de Catherine Bourgod est découvert par un client, gisant dans une mare de sang. Elle a été poignardée de 28 coups de couteau. L’arme a disparu et la caisse qui contient moins de 3000 euros a été dérobée. Personne n’a rien vu.

En face de la Poste vit un certain Gérald Thomassin. Enfant de la Ddass repéré dans un foyer, il incarnait « Le Petit criminel », de Jacques Doillon. Un rôle sur mesure qui lui a valu le césar du meilleur espoir masculin l’année suivante et lui a ouvert une carrière de comédien. L’acteur est insaisissable et marginal, son comportement étrange. Il deviendra le suspect numéro 1.

Florence Aubenas a enquêté durant 7 ans sur ce fait divers. Elle a lié des liens avec Gérald Thomassin, jusqu’à ce que ce dernier disparaisse sur un quai de gare au dernier virage de l’enquête judiciaire.

Son récit est au plus près d’une affaire qui lui échappe, et dont elle rend à merveille les zones d’ombres, les clairs obscurs.

Lauren Bastide -La Poudre

LA VOIX DES FEMMES !

Connaissez-vous le podcast La Poudre ? Depuis 2016, la journaliste Lauren Bastide reçoit à son micro des femmes qu’elle admire. Écrivaines, artistes et intellectuelles de tous horizons racontent leurs histoires, leurs parcours professionnels, le rapport qu’elles entretiennent à leurs identités et à leurs corps.

Je suis tombée en librairie sur son recueil d’entretiens publié aux éditions Marabout. Un premier tome qui m’a frappé l’oeil par sa si jolie couverture, et qui est consacré aux interviews de musiciennes et d’écrivaines comme Leïla Slimani, Chloé Delaume, Mona Chollet, Pénélope Bagieu, Lolita Pile et Faïza Guène.

Pourquoi avoir créé La Poudre ? Dans la préface qui ouvre le recueil, Lauren Bastide raconte dans sa préface comment l’idée de ce podcast lui est venue:

“J’ai ressenti cette urgence un jour très précis. C’était devant une œuvre d’art, The Dinner Party, de l’artiste américaine Judy Chicago […]. Cette œuvre est une immense table rectangulaire autour de laquelle sont dressés les couverts de 39 femmes qui ont transformé le destin de l’humanité sans que l’histoire ne daigne retenir leurs noms. C’est un travail de réhabilitation et d’archivage à travers lequel l’artiste redonne leur place à ces figures féminines dont les accomplissements et les noms ont été soigneusement glissés sous le tapis au fil des siècles. J’ai décidé ce jour-là que, moi aussi, je travaillerais à l’archivage des noms et des accomplissements de toutes les femmes qui façonnaient le siècle. Je le ferais en leur tendant un micro et en enregistrant leurs voix, pour que personne ne puisse jamais les effacer.”

Ce qui est fabuleux dans cet ouvrage, c’est qu’il offre des récits intimes des parcours d’écrivaines et musiciennes, tout en offrant au fil des pages un panorama dynamique de l’évolution des luttes féministes et antiracistes contemporaines.

J’ai adoré lire ces interviews qui offrent des modèles d’inspirations sur ce qu’être une femme aujourd’hui.

Stay Tuned : Lauren Bastide a eu la gentillesse de me prendre au téléphone, jolie anecdote à suivre !